Stratégie Poker : La main AK, Big Slick
C’est la main du tout ou rien. Cette main est la 3ème meilleure main du jeu, après AA et KK.
De plus elle est séduisante et l’on peut vite en tomber amoureux si les deux cartes sont assorties. Tout le monde est d’accord pour s’enflammer preflop avec ce jeu, mais que faire ensuite si le flop est désastreux ? Que faire face à des relances préflop ? Doit-on coucher une main avec un si fort potentiel ? Que de questions aux réponses nuancées et difficiles à appréhender. Cette main peut vous coûter votre tournoi…..
Quelques statistiques :
- AK Vs (22 à QQ) : Quasi 50/50. Léger avantage pour la paire faite
- AK Vs Ax ou Kx (avec x inférieur ou égal à Q) : AK gagne dans plus de 70% des cas
- AK Vs KK : 30% de chances de gagner
- AK Vs AA : 8% de chances de gagner
L’avis des Pros :
Doyle Brunson préfère cette main à AA ou KK, car son potentiel d’amélioration est supérieur et l’on sait vite si l’on doit se maintenir sur le coup ou pas.
Une main comme AK qui ne trouve pas son flop peut difficilement supporter une relance. En effet, seuls 6 outs peuvent vous permettre de gagner. D’après François Montmirel, « AK n’est pas une main faite pour payer une relance mais pour sur-relancer ou pour passer. »
Pour Daniel Negreanu, AK n’est pas une main aussi forte que l’on pourrait le croire. En effet, elle subit des risques considérables. « Pour jouer A-K préflop il faut essayer d’éviter de participer à des gros pots quand votre tapis entier est mis en jeu. »
David Sklansky, considère cette main comme étant très forte, puisque la seule main vraiment concurrente est AA. Toutes les autres mains sont soit légèrement favorites, soit loin derrière. C’est pour lui une main d’attaque très puissante.
Mon avis:
La première chose à rappeler est qu’AK est une main qui n’est pas faite ! Cela coule de source, mais on l’oublie facilement dans le feu de l’action.
Cela sous-entend que vous n’êtes pas plus favori avec cette main contre 22 que contre 99. Ne parlons pas des paires JJ, QQ, KK ou pire AA, qui vous pénalisent sur les quintes éventuelles.
En revanche vous êtes favoris dans les duels face à deux cartes différentes.
C’est donc votre lecture de l’adversaire qui devra vous guider dans la façon de jouer cette main.
Dans tous les cas, la prudence s’impose !
Une fois encore, la position à la table est très importante. Elle l’est moins si vous touchez votre flop, ce qui arrivera moins souvent que l’inverse !!!!
Je recommande donc un investissement minimum : Call en milieu de parole et une relance de 3 à 4 BB en fin de parole. Je déconseille de suivre une relance a tapis avec cette main. Encore une fois vous n’êtes pas favoris face à une paire faite.
Reste la question du début de parole. L’école prudente pourrait envisager un fold ! C’est hors de question ! Si vous ne jouez pas AK, qu’allez-vous jouer ! J’ai tendance à faire une relance très forte en début de parole pour chasser le maximum d’adversaires. L’idéal, est d’en garder un seul évidement. Adaptez donc votre relance au profil de la table. En shorthanded, vous pouvez vous permettre d’être plus agressif.
Et puis, si tout le monde se couche, vous remportez les blinds…. C’est toujours mieux que de perdre son tapis.
En fin de tournoi, la fold equity va vous donner quelques chances supplémentaires d’emporter le pot preflop sans combattre. Si vous jugez que vous pouvez faire coucher vos adversaires, allez-y et puis s’ils payent, ce sera parfois avec AA, KK ou QQ, mais souvent avec des mains dominées comme AQ, AJ ou AT, et vous avez alors tout de même de grandes chances de l’emporter à l’abattage.
Le flop va rapidement vous indiquer la façon de jouer le coup ! Si vous touchez, vous avez Top paire, Top Kicker ! C’est plutôt pas mal, mais vous aurez du mal à soutirer des jetons supplémentaires à des mains plus faibles et vous aurez du mal à lire les petits brelans, qui seront sous joués la plupart du temps. De plus un joueur peut avoir touché deux paires.
Donc encore une fois, prudence !
Si vous ne touchez pas votre flop, vous avez deux solutions :
Le continuation bet, face à un adversaire maximum. Attention aux calling stations et aux débutants qui payent les tirages.
La deuxième solution est de checker ou de vous coucher ! Pensez à varier votre jeu. Le check peut éventuellement se transformer en probe bet, soit 10% du pot. Cela va vous permettre de vous situer par rapport à vos adversaires.
Si la mise de continuation est payée ou relancée, il convient de bien analyser la situation. Qu’elle image ai-je à la table ? Suis respecté ? Quelle image ai-je de mon adversaire ? Combien d’adversaires sont encore dans le coup ? Les réponses à ces questions permettront d’adopter le comportement le plus adequat.
Dans tous les cas, si vous rencontrez beaucoup de résistance face à des joueurs solides, abandonnez le coup.
N’oublions pas les noms donnés à cette main Walking back to Houston, ou encore Anna Kounikova. Elle est jolie mais ne gagne que très rarement ! LOL
Bonne chance !!!!



Génial article, merci !